Jamais deux sans trois

Jamais deux sans trois
Au temps où l'un naquit régnait Napoléon
Dont Sedan bientôt viendrait briser l'empire.
Tandis que près du Rhin le pays on déchire,
De rires enfantins retentit la maison.

Bien des jours avaient fui quand parut le second ;
Déjà vers les Balkans menaçaient les orages.
Les vertes Pyrénées, bien loin de ces nuages,
Dans leurs bras chaleureux accueillent un garçon.

Peut-être croyez-vous que tous deux étaient frères :
Le père du premier, de l'autre était grand-père.
Pâtres sous leur béret, ils ne quittèrent point

Le clocher des aïeux pour s'en aller au loin ;
Vaillants toujours, durs au labeur : ce fut leur vie.
Sachez qu'ils se nommaient Adrien Latapie.

# Posté le vendredi 03 avril 2009 13:11

Les sources du bonheur

Les sources du bonheur
L'enfant des Pyrénées, je suis et je serai.
Pourquoi donc renier de si chères racines ?
A l'âge des espoirs, qui l'avenir dessine,
Je ne sais où je vais, mais je me souviendrai.

Brouillard du jour présent, on ne voit le chemin.
Pourtant derrière soi comme la route est nette !
Celle qui nous attend, sans doute est déjà prête ;
Mais pour la découvrir, attendons à demain.

Comme du peuplier se dresse la ramure,
Jeunes gens audacieux s'en vont à l'aventure
Au loin, toujours plus haut, enivrés d'espérance.

La joie de découvrir les charmes de l'ailleurs
Ne se peut apprécier sans l'aimable assurance
De retrouver toujours les sources du bonheur.

# Posté le vendredi 03 avril 2009 13:00

Tostemps

Tostemps
Vivre comme on respire un matin d'été,
Assis sur un rocher devant l'immensité :
Douceur et plénitude au plus près des étoiles,
Sentiment d'accompli. Le jour déploie ses voiles.

Silence du plaisir et de l'instant volé,
Communion absolue en ces lieux désolés.
Gagner l'éternité, toucher des cieux la voûte,
Rester là-haut toujours : notre espoir est en route.

Voyez comme en ces lieux de pierre et de glace
Futile et accessoire au précieux cèdent place.
Un lac, miroir d'azur de l'astre souverain,

Abreuve doucement l'isard aux pieds d'airain.
Ô superbe harmonie ! Du Bellay se trompait ;
Ce qui est fort et fier au temps peut résister...

# Posté le dimanche 29 mars 2009 06:19

Effeuiller la pâquerette

Effeuiller la pâquerette
Mon âme tout à coup s'évade du présent ;
L'oiseau s'est envolé vers l'éternel Orient.
Un coup de vent soudain, il a saisi sa chance :
Hors du pesant ennui, vigoureux il s'élance.

Beau comme un jour de mai, ce monde étincelant !
Le bleu jamais ne brille tant qu'en ciel de printemps.
Voyez donc les rameaux que des souffles agitent,
La vapeur parfumée, flic-flac de l'eau bénite.

Le temps s'est arrêté, en un instant de grâce,
Réconfortant soupir, innocence fugace.
Bergère mon amie comme vos blancs troupeaux,

Jouissons à notre guise du joli pré nouveau.
La neige reviendra, immaculée mégère,
Et trop tôt s'enfuira le bonheur éphémère.

# Posté le dimanche 29 mars 2009 05:56

Modifié le vendredi 03 avril 2009 12:56

Faux

Faux
S'il est fourbe et malin, on le dira fuyant.
Rencontrez-le matin, tout habillé de ruse,
Passez votre chemin ! A tromper il s'amuse.
De ses tours nul n'est dupe : on le nomme semblant.

S'il dort chez un boucher, c'est avec le filet.
Méfiez-vous jolie dame, si fleurette il vous conte ;
Ce cuistre, ce ruffian, se lie au cul sans honte.
C'est l'associer au sens que de le penser vrai.

Vous pouvez le chanter, non sans quelques canards.
Près de l'original, il restera bâtard.
Vous le croyez à plaindre ? Surtout gardez vos larmes,

Compâtir à son sort est céder à ses charmes !
Il n'a pas su choisir : nom, adverbe, adjectif ?
Féminin à la mort, son coup est décisif.
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# Posté le dimanche 29 mars 2009 05:46

Modifié le vendredi 03 avril 2009 12:54